Le Français Noël Tosi, pressenti pour occuper le poste d'entraîneur de la sélection nationale de football, est à Maurice depuis ce matin. Il effectuera une visite de cinq jours pendant laquelle il s'entretiendra avec tous les stakeholders locaux afin de faire décoller le foot mauricien.
Noël Tosi est accompagné de Jean-Claude Vidal, directeur d'une agence événementielle en France. Ils ont été accueillis ce matin par le président du Club M, Dillen Veeraragoo, et le responsable du staff médical, Michel Chang Kye. C'est à l'hôtel Four Points by Sheraton à Ébène que nous les avons rencontrés.
D'emblée, il a donné l'impression de connaître plus ou moins bien le foot mauricien pour avoir été un adversaire lors des 1ers Jeux des îles de l'océan Indien tenus en 1979 à La Réunion. " J'étais le gardien de but de la sélection réunionnaise à cette époque et il y avait un attaquant mauricien redoutable qui faisait 1,95 m. "
" J'étais l'un des premiers joueurs d'Europe à être transférés à La Réunion. J'y ai évolué pendant trois saisons à St-Benoît puis à la St-Pierroise. Je connais le contexte du foot mauricien pour avoir assisté à des matches lors de mes vacances. Il y a un vivier composé de gens qui ont des talents naturels mais à qui nous devrons apporter de l'intelligence stratégique, du sens tactique ainsi que l'expérience nationale et internationale ", a fait ressortir Noël Tosi.
Sa fibre africaine l'a déjà conduit à la tête de la Mauritanie (2003-04) et du Congo-Brazzaville (2006-07). Il reconnaît que Maurice n'est pas bien positionnée (172e) au classement de la FIFA mais il y croit. " C'est dans mes cordes. Mais il faut être patient. C'est à l'entraîneur d'apporter un plus, un style, une stratégie pour faire décoller un pays. Et le plus vite c'est mieux afin de plaire aux gens. "
Il a aussi laissé comprendre qu'il a déjà effectué un travail en amont et a sa petite idée de ce qu'il faudra faire. " C'est un plan de travail que je discuterai avec le président de la fédération. C'est un véritable projet pour être performant dès le mois de septembre. Je ne promettrai rien dans un premier temps, le temps de prendre mes marques et de connaître les joueurs. Une chose que je voulais dire c'est que j'ai fait 80% de mes championnats avec la meilleure attaque. Mes équipes jouent mais défendent aussi bien. La solution est stratégique. "
Durant sa carrière, il a souvent été sollicité pour sauver des clubs de la descente. Il est connu pour ne pas faire long feu au sein d'une formation. Il explique cette situation. " Ayant dirigé 600 matches de la Ligue 2 française, souvent, j'arrive à sauver ces équipes. À chaque fois, c'est du court terme et je sais qu'il me faut arrêter. D'autant que je suis énormément sollicité. D'ailleurs, en France, un contrat ne dure pas beaucoup. Ça cadre parfaitement avec les réalités du foot moderne. "
Jean-Claude Vidal soutient de son côté qu'il a été approché par Dillen Veeraragoo pour recruter un entraîneur national de calibre tout en repensant le rôle et le fonctionnement de l'équipe nationale. " Mon constat est qu'une démarche d'efficacité passe par la professionnalisation du Club M et de son encadrement, l'optimisation des ressources humaines du foot mauricien, l'utilisation de tous ses champions pour les fédérer autour d'un projet commun tout en adhérant la population. Le défi global est de faire en sorte que le Club M soit un protagoniste du foot africain et non un figurant ", a-t-il conclu.
Ils entament dès aujourd'hui une série de rencontres avec les partenaires du foot local dont la Mauritius Football Association et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo.
source : lemauricien.com






