Avec des logements sociaux décents, on franchit une autre étape vers l’autonomisation des pauvres » , affirme un membre de la National Empowerment Foundation ( NEF). C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet de développement social intégré à La Valette.
Mais, ce village, considéré comme un modéle d’intégration sociale, risque de ne plus exister dans sa forme actuelle. L’ingérence politique ne serait pas étrangére à cette situation… L’altercation survenue entre le ministre des Administrations régionales d’alors Hervé Aimé et Juliette François, psychologue et cadre de la NEF, à La Valette, en mars dernier, serait ainsi loin d’être un incident isolé. Pour rappel, le ministre avait exprimé le souhait de participer à une réunion organisée par Juliette François. Celle- ci y avait objecté.
L’insistance du ministre devait la pousser à mettre fin à la séance de travail.
« La NEF a marché jusqu’ici parce que sous l’ancien régime, il n’y a pas eu d’ingérence politique.
La NEF fonctionnait de façon indépendante » , explique un de ses membres. Mais, depuis, certains travailleurs sociaux affirment que l’ingérence politique dans la gestion du village menacerait toute la structure de la NEF. D’ailleurs, un cadre a déjà soumis sa démission. Et une vague de départs n’est pas à écarter au sein de cet organisme... Dans les milieux proches de cet organisme, l’on craint que la bureaucratisation de la NEF ne conduise à l’instauration d’une politique de « petits copains » . Ce qui remettrait en cause l’autonomie de la NEF ainsi que sa philosophie primaire. Et qui pourrait s’avérer fatale à la noble lutte contre l’exclusion sociale.
Créé en 2006, dans le cadre de la restructuration de l’économie, qui avait provoqué des pertes d’emplois – surtout les low- skilled jobs – l’ Empowerment Programme avait pour objectif de prendre en charge ceux qui allaient être mis « hors circuit » et les aider à refaire leur vie. Cet organisme était alors géré par un comité conjoint secteur privé- gouvernement.
Mais, vu l’ampleur de ses activités, le gouvernement a procédé à la mise sur pied de la NEF en juillet 2008. Celle- ci avait pour tâche de veiller à ce que les objectifs de l’ Empowerment Programme soient atteints.
Outre ceux ayant perdu leur emploi, la NEF venait en aide aux plus vulnérables.
Mais comment procéder à l’ empowerment ou l’autonomisation des pauvres ? « Pas question d’encourager la culture de l’assistanat. Rien n’est gratuit » , insiste un cadre de la NEF. Celle- ci avait donc établi un plan d’action basé sur au moins trois principaux axes : placement et formation, soutien aux femmes sans emploi et développement social intégré.
« La pauvreté est un probléme multifactoriel qui nécessite des solutions à long terme. Il y a plusieurs aspects à ce probléme qu’il faut essayer de résoudre en même temps » , affirme un ancien cadre de l’ Empowerment Programme . C’est pourquoi, en sus d’aider les plus démunis à obtenir un emploi, la NEF se chargeait de dispenser des cours de « life skills management » . Cette formation facilite l’intégration des plus démunis dans la société. « Ces gens ne savent pas, pour la plupart, la notion de ponctualité ou de régularité au travail. Ils n’ont pas eu la vie facile et ont perdu l’estime de soi. On leur apprenait tout ça » , explique une préposée de la NEF. Mais, au vu de la situation actuelle, les milieux proches de cet organisme estiment que la NEF serait au bord de l’éclatement…






