L'évêque de Port-Louis estime que les mesures prises récemment à l'encontre d'un groupe de presse constituent une atteinte à la liberté d'information. " L'asphyxie lente d'un groupe de presse, si elle était maintenue, menacerait aussi la liberté d'expression garantie par la constitution ", estime-t-il.
S'attaquer à la liberté d'information, c'est nuire au bon fonctionnement de la démocratie, insiste-t-il. L'évêque souligne que L'Enseignement social de l'Église le dit clairement : " l'information figure parmi les principaux instruments de participation démocratique. Aucune participation n'est pensable sans la connaissance des problèmes de la communauté politique, des données de fait et des diverses propositions de solution. Il faut assurer un pluralisme réel dans ce secteur délicat de la vie sociale. " (Compendium de la Doctrine sociale de l'Église, n° 414).
" Le rôle de l'État est de donner un cadre légal approprié pour que la libre circulation de l'information permette un vrai fonctionnement de la démocratie. L'île Maurice, depuis son indépendance, a toujours été attachée aux valeurs de la démocratie dont la liberté est la pierre angulaire. L'indépendance elle-même a été acquise grâce à une liberté d'expression qui garantissait un sain fonctionnement démocratique ", explique-t-il.
Il poursuit sa lettre en affirmant que " toutes les libertés se tiennent : liberté d'expression, liberté de mouvement et de rassemblement, liberté de choisir et de pratiquer sa religion, liberté de conscience. Quand on touche à une de ces libertés, toutes les autres sont en danger. Tout Mauricien épris de liberté doit rester vigilant. À la moindre menace, il doit faire entendre sa voix ".
Il conclut en affirmant que " l'Évangile prend vigoureusement la défense de la dignité de la personne humaine et des libertés qui lui sont nécessaires pour s'épanouir ".
Il cite finalement le pasteur Martin Niemöller, qui invite à la solidarité dans la défense de ces libertés en ces termes : " Quand ils ont arrêté les communistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste ; quand ils ont arrêté les socialistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas socialiste ; quand ils ont arrêté les juifs, je n'ai rien dit, je n'étais pas juif ; quand ils sont venus m'arrêter, il n'y avait plus personne pour protester. "






