Le VPM et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a annoncé hier une série de mesures nécessitant des financements de l'ordre de Rs 12 milliards pour permettre au pays de faire face à la crise de la zone euro. Un train de 100 mesures touchant notamment les PMEs, l'industrie, le tourisme, l'agriculture, les consommateurs regroupés sous sept piliers a été présenté. Les mesures seront financées comme suit : Rs 2 milliards par le gouvernement, Rs 2 milliards à travers le PSIP, Rs 3 milliards à travers les institutions du secteur public dont Rs 2 milliards de la BoM et Rs 5 milliards par le secteur privé. Le déficit budgétaire pour l'année 2010 est estimé à 4,5 %. C'est en solitaire que le ministre des Finances a présenté hier l'Economic Restructuring and Competitiveness Package (ERCP). Pravind Jugnauth a affirmé avoir eu, dans le sillage du conseil des ministres, une longue discussion avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avec qui, a-t-il dit, il est sur la même longueur d'onde et a fait mention de la "parfaite harmonie" qui règne au sein du gouvernement. Le ministre des Finances a, en réponses aux questions de la presse, refusé de s'engager dans les questions d'ordres monétaires qui, a-t-il dit, relève de la BoM. Il a expliqué, toutefois, que la BoM fait partie du comité technique institué à son arrivée aux Finances et qui comprenait outre les représentants des Finances ceux d'autres ministères, de la BoM et du Joint Economic Council.
Pour le ministre des Finances, la récession globale, la crise de la zone euro et de la Grande Bretagne, le rééquilibrage global obligent le pays à voir de plus près les fragilités de l'économie et à réévaluer ses forces. " Nous devons sortir de la crise tout en saisissant les opportunités que nous apporte le rééquilibre global." " This new package of measures and policies does that with effectiveness and sets the ball rolling for transforming our economy, creating a well diversified economic base, a park of efficient, financially sound and globally competitive enterprises and a labour force with appropriate knowledge and skills. These will be supported by a comprehensive infrastructure expansion and modernization plan to create a world class physical fabric ", a affirmé le ministre.
La crise constitue, selon lui, un avertissement pour les entreprises qui se sont trop endettées pour faire face à la nouvelle réalité et pour étendre la "capital base". C'est également un appel final destiné aux firmes inefficientes et qui peuvent sombrer au moindre choc. " Il faut adopter une stratégie de restructuration et de désendettement afin de mieux affronter la question des taux de change qui touche tous les secteurs de l'économie, pas uniquement ceux orientés vers l'exportation."
" Le but principal du train de mesures est d'aider les entreprises et les industries à mieux faire face à la crise et à traiter avec les causes de leurs vulnérabilités." " The package will give a strong impetus to the factors that are decisive to their long-term viability in a rebalanced global economy ", a dit le ministre. Il estime que les mesures annoncées vont également dans le sens de la protection du bien-être des consommateurs, de la formation, et du "re-skilling" des travailleurs licenciés afin qu'ils trouvent rapidement un emploi dans des activités où la productivité sera plus haute afin qu'ils puissent améliorer leurs revenus potentiels.
La crise de la zone euro se caractérise par le fait que depuis janvier de cette année l'euro est passé de 1,45 dollar à 1,19 dollar, soit une dépréciation de 18 %, pour remonter ensuite à 1,30 cette semaine. Depuis le début de l'année, l'euro a enregistré une dépréciation de 8 % par rapport à la roupie. Le dollar s'est apprécié de 3 % durant la même période contre la roupie. Sur une période de 12 mois, la roupie s'est appréciée de 11 % par rapport à l'euro et de 9 % par rapport la livre sterling et de 5 % contre le dollar.
95 % des revenus du secteur sucrier sont en euro, 60 % des touristes viennent des pays de la zone euro et 12 % de la Grande Bretagne. 70 %, soit 264 des 343 entreprises opérant dans la zone franche exportent leurs produits en euro. 65 % des revenus des BPO/ICT sont en euros. La majorité des entreprises orientées vers l'exportation achètent leurs matières premières en euro. " With exports being euro-centric and imports predominantly in USD, many enterprises are squeezed between falling revenues and rising costs in rupee terms. And this is happening just after the global economic recession in 2009 which has undermined the operational and financial soundness of many enterprises and weakened the textile and tourism sectors ", a dit le ministre des Finances.






