En marge des échanges d'affidavits dans le cadre de l'appel interjeté en Cour suprême par le Directeur des Poursuites publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, contre la remise en liberté provisoire de Sada Curpen, un premier élément majeur de l'enquête confiée à la Major Crime Investigation Team (MCIT) a émergé. Les hommes du surintendant Yousouf Soopun disposent d'une carte maîtresse pour incriminer le Prime Suspect Steeve Patrick Prinsley Serret, alias Polocco, dans le meurtre de Denis Fine, exécuté d'un coup de feu dans la nuit du 3 au 4 janvier dernier à son domicile de Maison Blanche, Pamplemousses. Ces informations ont été communiquées formellement par un témoin oculaire, qui avait initialement hésité à venir de l'avant. L'identité de ce témoin à charge n'a pas été révélée à ce stade de l'enquête en raison des risques à sa sécurité personnelle.
Ce détail, qui constitue un tournant dans l'enquête dans la Curpen Subutex Connection, fait partie du dernier affidavit juré par le chef de la MCIT et versé dans le dossier de l'appel en Cour suprême, hier matin. " There have been further developments to the police enquiry in that police has now identified Steeve Patrick Prinsley Serret, alias Polocco, as the person who killed Denis Fine by means of a shotgun ; has recorded a statement from an eye-witness who identified Steeve Polocco as the killer of Denis Fine ; has an accurate description of the shotgun and is still investigating in order to locate the hiding place of the shotgun ", confirme le surintendant Soopun dans le document légal soumis en Cour suprême.
Des sources policières indiquent que sur la base de la version des faits de ce témoin oculaire, une nouvelle reconstitution des faits s'est déroulée à la mi-mai sur les lieux du crime à Pamplemousses avec le positionnement du tueur présumé de Denis Fine indiqué de manière formelle. Ce témoin oculaire est actuellement sous protection policière de manière quasi permanente. " The enquiry has so far revealed that the shot was fired from a neighbouring house under construction belonging to one Jacques Francisco Pierre, alias Milate ", ajoute le surintendant Soopun.
Preuves concrètes
La connexion entre Jacques Francisco Pierre (Milate), un des premiers suspects interpellés dans cette affaire, et Alain Saramandiff, qui était présent chez Denis Fine à Maison Blanche dans la nuit du 3 janvier dernier, est également établie par la MCIT. Ces deux suspects ont été remis en liberté provisoire le 8 mars dernier.
" The said Saramandiff is acquainted with Jacques Francisco Pierre and is known to have helped the said Milate in relation to the construction of his house ", soulignent les enquêteurs, qui s'appesantissent sur le fait que " on the 5th January 2010, police obtained information to the effect that the said Milate had made a phone call to the said Saramandiff on the 3rd January 2010 at 23 hours 30, some fifteen minutes before the shot was fired at Maison-Blanche at that time ".
Même Si Sada Curpen dans son contre-affidavit maintient qu'aucun des suspects interpellés par la police ne l'a incriminé dans le meurtre de Denis Fine, la MCIT s'appuie sur le témoignage de la sœur de Curpen, une proche de la victime, en vue d'établir des liens entre Curpen et l'exécution de Denis Fine sur fond de trafic de Subutex. À cet effet, la police cite de larges extraits de la déposition de la sœur de Sada Curpen à la MCIT au tout début de cette affaire.
" Dans le mois de septembre 2009 ou octobre, Denis Fine ti sorti Maurice ek fine vine en France ek li ti zwen li. Li ti paraître bien en koler et li fine dir mwa ki kan li ti dan Maurice ene zomme ki li konne li par Milate ki so lotte nom li pa fine dire mwa fine vine zwen li ek fine dire li ki mo frer Sada Curpen fine vine guette li (Milate) et fine dire li rode ène lekip pou batte Denis et prend Rs 2 millions avec li ". Ces détails ont été inclus dans l'un des deux affidavits jurés par le surintendant Soopun.
Les enquêteurs de la MCIT soutiennent disposer de preuves concrètes d'échanges téléphoniques entre Sada Curpen, en détention à la Segregation and Protection Unit de la Prison Centrale, et des suspects par rapport à l'exécution de Denis Fine. Une perquisition fut effectuée le 13 janvier dernier dans ce quartier de la Prison Centrale où trois téléphones cellulaires avec deux cartes SIM et un chargeur improvisé ont été saisis.
Face au rejet catégorique par Sada Curpen de ces accusations au sujet des téléphones cellulaires, le patron de la MCIT maintient que " the police is in presence of direct evidence o the effect that Sada Curpen used two of the mobile phones whilst he was detained in prison. Moreover, the said Ramtohul (un codétenu de Sada Curpen à la Prison Centrale) has given a statement to the police to the effect that only one of the mobile phones was being used by him and that the two others were in the possession of Sada Curpen ans used by Sada Curpen. Upon his arrest at SSR International Airport on 7th March 2010, police secured two mobile phones (answering on numbers 4993344 and 9203428). Following investigation, police retrieved from the phone book of these telephones, numbers which matched those contacted by Sada Curpen from the mobile phones he had used whilst detained at Beau-Bassin Prison ".
Episode Caterino
Un autre témoin indépendant est venu certifier que Sada Curpen utilisait ces deux téléphones alors qu'il était en détention provisoire à la Prison de Beau-Bassin. " The police has obtained evidence of communications that took place between Sada Curpen and the said Steeve Patrick Prinsley Serret, alias Polocco, prior to the killing of Denis Fine ", a fait ressortir formellement le surintendant Soopun.
Confronté au cours de la dernière semaine de mai à ces nouveaux éléments versés dans le dossier à charge, Sada Curpen a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Rappelons qu'il a été inculpé provisoirement le 8 mars dernier pour le délit de " giving instructions to commit a crime to wit : murder. On the date and place aforesaid the said Sada Curpen did instruct one Jacques Francisco Pierre to criminally, willfully and of his malice aforethought kill one Denis Fine and the said instruction was carried out by the said Jacques Francisco Pierre and the said Sada Curpen did by means aforesaid become an accomplice ".
En guise de défense face aux accusations portées contre lui, Sada Curpen soutient que " during my stay at the Beau-Bassin prison, I was detained in the Segregation and Protection Unit which I shared with 10 other prisoners ; the three mobile phones were secured in the yard of the said Segregation and Protection Unit. They do not belong to me. In fact and in truth the said mobile phones belonged to one detainee called Ramtohul who, in a statement given to the police, has admitted the owner thereof. I maintain I am not involved at all, or have anything to do with the murder of Denis Fine ".
La police objecte à la caution de Sada Curpen car elle craint une répétition de l'épisode Christophe Caterino, le Steward d'Air France qui a fui de Maurice alors qu'il était en liberté provisoire dans une affaire de Subutex. " The police has string apprehension that, if released on bail, Sada Curpen may abscond the more so that he is holder of a French passport and there is no extradition treaty between Mauritius and France ; interfere with witnesses ", note la MCIT, qui ajoute que Sada Curpen est passible d'une peine d'emprisonnement de 60 ans s'il est trouvé coupable.
Source : lemauricien.com






